Retour vers la page d’accueil

Les thérapies brèves

Les thérapies brèves s’intéressent moins au « pourquoi » d’un problème qu’à la façon dont il se maintient aujourd’hui, et à ce qui peut changer concrètement. Elles tiennent compte du contexte relationnel dans lequel le problème s’inscrit : couple, famille, travail, groupe. Ce sont en ce sens des approches systémiques.

Vous êtes acteur de votre thérapie : entre les séances, je vous propose des tâches concrètes, mais je ne vous demanderai jamais rien qui aille à l’encontre de vos valeurs. Je me veux non normatif et respectueux de vos croyances et de vos idéaux.

Je m’appuie sur deux courants complémentaires.

La thérapie brève de Palo Alto (stratégique)

Elle est née dans les années 1960-1970 au Mental Research Institute de Palo Alto, en Californie, autour de Paul Watzlawick, John Weakland et Richard Fisch. Son idée centrale : ce sont souvent les solutions que l’on essaie pour résoudre un problème qui, sans le vouloir, l’entretiennent. Par exemple, chercher à tout prix à éviter l’anxiété peut la renforcer, et insister pour convaincre un proche peut augmenter sa résistance.

Le travail consiste à repérer ces « tentatives de solution » qui ne fonctionnent pas, puis à expérimenter d’autres façons de faire, souvent à l’opposé de ce qui a été tenté jusque-là.

La thérapie brève orientée solution

Elle a été développée dans les années 1980 par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, à Milwaukee. Plutôt que d’analyser le problème, elle se concentre sur ce que vous voulez voir changer, et sur ce qui fonctionne déjà, même un peu. Quand le problème est-il moins présent ? Qu’est-ce qui est différent à ces moments-là ?

À partir de vos propres ressources et de vos réussites, même partielles, nous construisons des petits pas concrets vers l’objectif que vous vous êtes fixé.

Pour qui ?

Les personnes qui vivent une situation comme problématique, source de souffrance morale ou physique, et qui souhaitent un changement concret : difficultés relationnelles, conflits de couple ou familiaux, séparation, deuil, manque de confiance ou d’estime de soi, stress au travail…

Ce type de thérapie n’a pas pour objectif premier de mieux se connaître ou de s’analyser, mais de sortir d’une impasse.

Combien de séances ?

La thérapie se veut courte : une dizaine de séances est souvent suffisante pour un problème donné. Je ne suis pas dogmatique à ce sujet : le rythme et la durée s’ajustent à chaque situation.

Ce que dit la recherche

  • Thérapie orientée solution : plusieurs méta-analyses récentes montrent qu’elle est efficace par rapport à l’absence de traitement, et au moins aussi efficace que les soins habituels, notamment pour la dépression. La qualité des études reste variable.
  • Thérapie brève de Palo Alto : ce modèle est très influent, mais il n’a pas encore fait l’objet d’essais contrôlés ; ses résultats reposent sur des études d’observation.

Sources : Vermeulen-Oskam et al. (2024), Clinical Psychology Review ; Franklin et al. (2024), Research on Social Work Practice ; Weakland et al. (1974), Family Process.

« Le patient a le droit au soulagement le plus rapide,
le plus complet et le plus durable possible
de sa souffrance, et ce de la façon la moins envahissante qui soit. Je ne lui demanderai rien d’illégal,
rien d’immoral, rien d’impossible.
En contrepartie, il fera tout pour me rendre inutile
aussi vite que possible. »

Nicholas Cummings